Love exposure

Love exposure

愛のむきだし

Avertissement: Ce film est réservé à un public averti. (sexe, violence, comportement psychotique, secte, etc…). Le langage que j’utilise dans cet article est celui du film. Il est de temps en temps très cru. Certaines scènes sont violentes visuellement et psychologiquement. 

Sion Sono + Dieu + L’entrejambe des femmes = Chef d’oeuvre !!

Ce film là, c’est quelque chose. Un délire, un fantasme, le sens de la vie (?) peut-être.

Une chose est sûr, Sion Sono est arrivé à traiter son sujet avec autant de grâce et de folie que Stanley Kubrick et son 2001.

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance parce que le sujet est juste dingue!

Bienvenue dans une paisible famille de Chrétiens:

Yu honda va perdre sa mère, mais juste avant de mourir, il lui promet de lui présenter sa « Marie » (sa future femme).

Tetsu, son père, va rentrer dans les ordres et devenir curé.

Tout va bien jusqu’à l’apparition de Kaori (une folle de 1ère) dans la vie très rangée de Tetsu. Elle le veut et pas qu’un peu.

Il va l’installer dans une maison et vivre dans le péché jusqu’à…

Jusqu’à ce que Kaori le quitte.

Tetsu va alors complètement disjoncter et devenir radical (religieusement).

Il harcèle son fils (Yu) tous les jours pour qu’il confesse des péchés.

Problème, Yu n’a rien à confesser.

La situation devenant de plus en plus dure pour Yu, il va donc commencer à pécher pour satisfaire son père.

Dans cette nouvelle activité, il va faire la rencontre d’un petit groupe de pervers (des photographes de petites culottes).

Très doué dans cette activité, il va passer « pro » en rencontrant le « Dieu » de l’entrejambe féminine (oui, oui!!).

Yu va découvrir que tout est là!!!

Yu part donc dans son ultime recherche, trouver sa « Marie » (oui, LA Marie), mais sous la jupe des filles.

En fait, Yu n’est pas du tout excité par ça, il n’a jamais bandé, et seule l’entrejambe de sa future « Marie » le fera bander.

Yu perdant un pari (qui a la plus belle photo de culotte?), se trouve obligé de se travestir en femme et d’en embrasser une dans la rue.

Il devient donc Sasori, la femme scorpion, pour cette escapade.

Sasori (Yu) la femme scorpion.

Le jour du miracle

La petite bande du dessus tombe sur une altercation entre une jeune fille et une bande de voyous.

Sasori fonce à la rescousse de cette inconnue.

Voici Yoko:

Yoko qui va distribuer quelques patates…

Et le miracle arrive, Yoko est LA Marie de Yu.

Yu bande enfin!!

Très grave problème pour Yu, Yoko pense avoir été sauvé par une femme.

Mais il y a plus grave encore, Yu est espionné par Koike qui est une « recruteuse » d’une secte religieuse (L’église zéro).

Koike a l’intention de recruter Yu, Yoko, Tetsu et Kaori.

Pour cela, elle va mettre en place un stratagème machiavélique pour détruire complètement Yu.

Koike est sans limite, extrêmement dangereuse, et rien ne l’arrête. C’est une malade psychotique.

Koike

Amour, folie, religion & sexe

Le film va aller très loin. Sion Sono (Réalisateur et scénariste) nous plonge dans une histoire d’amour cauchemardesque, et ce qui aurait pu être un film vulgaire, minable, raté, puant, mal filmé, mal joué, est au final une oeuvre unique, complète et jubilatoire.

236 minutes!! 4 heures!!

Oui, c’est très très long, et ce sera forcement blindé de moments inutiles, de scènes interminables et c’est sûr qu’on va regarder la montre…

Absolument pas.

C’est incroyable, le film passe à une vitesse folle, il est passionnant, surprenant, dérangeant, très drôle, très violent, perturbant même, car Koike fomente un plan absolument fou. Personne ne peut en sortir indemne.

Vous êtes peut-être entrain de vous dire en lisant tout ça, que c’est n’importe quoi, un espèce de film de cul barré, sans intérêt?

Grave erreur.

Je vais me répéter, mais on ne s’ennuie pas une seconde.

Certaines scènes sont d’une force qui vous cloue sur place.

Je pense en premier à cette séquence où Yoko est sur la plage et va sortir un monologue de 4 minutes en très gros plan. Elle récite un verset de l’église zéro, et vous êtes là, devant la folie, mais surtout devant une actrice qui va vous donner des frissons. C’est puissant.

Quand Yoko te glace le sang et t’emporte dans sa folie…

Ne pensez pas que je vous est trop parlé du film. Comme d’habitude, vous voilà en possession d’un synopsis un peu élargi avec à peine 5% des faits.

Et de toute façon, vous n’avez aucune idée jusqu’où va vous emmener Sion Sono.

La dernière heure du film est un monument dédié à la folie.

La folie de l’amour, la folie de la religion, la folie tout court…

Et tout ceci se terminera dans la dernière minute du film.

Voilà, il est possible que vous n’ayez pas le degrés de recul pour entrer dans ce monde très Japonais, il est possible qu’au bout de 10 minutes, vous pensiez que tout ça n’a aucun sens, mais ce serait une erreur.

On a pas tous les jours la chance de voir jusqu’où l’amour, le vrai, celui qui fait très très mal, peut vous emmener.

C’est un voyage pittoresque, barré, plein de joie, de folie, de sexe, d’horreur, de violence, de religion, un voyage unique dans le cinéma, un voyage qui ne se refuse pas.

Love exposure est une expérience qui va vous emmener là où aucun autre film n’a osé le faire.

Je tiens encore à vous dire que non seulement c’est sûrement le plus grand film d’amour existant, mais qu’en plus, la musique qui l’accompagne est incroyablement bien choisie: Le Boléro de Ravel et la 7ème symphonie de Beethoven qui viennent décupler certaines scènes.

Sion Sono arrive également à la perfection dans le cadrage et le montage du film, et c’est certainement ce cocktail (réalisation+histoire+musique+acteurs en or) qui fait que ce film est l’un des plus grands films Japonais (mon avis personnel).

Bonus:

Attention, ne pas regarder ce qui suit tant que vous n’avez pas vu le film. C’est le making of en vosta, et donc il y a beaucoup de scènes du film.

Vous allez découvrir comment Sion Sono arrive à un tel résultat, et c’est pas une partie de plaisir, loin de là!

 

Ciaoooooooo!!!!

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